E191 S'ennuyer au travail, le secret du bonheur ?
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🗓️ 25 February 2026
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| 0:00.0 | ... 100 milliers au travail, le secret du bonheur.... Salut à tous, salut, Grids! Salut, go! Comment ça va aujourd'hui? Moi ça va, ça va, mais bon, comme tu le sais, là, les éléments étaient un peu contre nous pour cet enregistrement parce qu'il y a beaucoup de vent en ce moment à Marseille. C'est le vent qu'on appelle le mistral qui souffle extrêmement fort et du coup on l'entendait tapé contre les fenêtres. Donc je suis allé de l'autre côté de l'appartement dans une autre chambre pour enregistrer et là il y a un voisin qui a commencé à détruire son mur à la perceuse donc bon par chance il a arrêté j'espère que ça va continuer comme ça qu'on va pouvoir enregistrer tranquillement mais bon appart ça tout va bien et toi bah ça va écoute un peu fatigué en ce moment mais rien de spéciale à déclarer à tout le monde aussi il y a eu du vent ces derniers jours. Je crois qu'on a eu une tempête à un haut niveau de national dans toute la France. Et c'est vrai que quand on a de la pluie du vent, c'est plus difficile de recharger ces batteries à chaque fois qu'on sors. On est fatigué parce qu'on a froid. Donc j'ai hâte que le printemps arrive. Par exemple, j'imagine en plus qu'on t'a un bébé qui fait pas encore ses nuits. Même pas imaginé mais oui ça doit être très très fatiguant. Je devrais pas me plindre auprès de toi c'est vrai. Tout le monde a le droit de se plindre de ces problèmes c''est pas parce que voilà, quelqu'un a des problèmes que j'ai toujours |
| 1:47.0 | ce débat de dire « oui mais un tel ou un tel a des problèmes plus graves, mais en fait, voilà. Tout le monde a ces petits problèmes à partager et c'est bien de s'écouter les uns les autres et à faire prof d'empathie. C'est vrai, tu as raison. et du coup, t'as pas le temps pour temps nuit et j'imagine, parce que c'est un peu le sujet du jour, l'ennui, comme secret du bonheur. Non, c'est vrai que j'ai pas le temps de m'ennuyer, surtout pas au travail, parce que quand j'arrive à trouver du temps pour travailler, du coup, je suis à fond, parce qu'il y a plein de choses à faire, mais c'est pas le cas de tout le monde, Et c'est justement ce dont va parler dans cet épisode. Parce que depuis quelques années, il y a une nouvelle tendance dont on parle pas mal dans les médias. Oui, il y a pas mal d'articles, de postes sur les réseaux sociaux qui parlent de cette tendance. Les jeunes voudraient avoir des jobs chiant. Alors chiant, c'est un mot qui je dirais pas que c'est vraiment vulgaire mais en tout cas c'est de l'argot, on ne le dit pas à n'importe qui mais ça veut dire ennuyeux. J'ai vu des articles aussi qui disaient des jobs pas ouf donc pas hyper stimulant, hyper intéressant etaremment, c'est ça qui a la cote en ce moment. |
| 3:08.3 | Oui, pas ouf, on l'utilise beaucoup cette expression. Donc ouf, c'est le verland du mot fou. Quand on dit que quelque chose n'est pas fou, pas ouf, ça veut dire que c'est pas super, c'est pas génial. Par exemple, si vous avez vu un film et qu'il ne vous a pas trop plu, vous pouvez dire, |
| 3:26.9 | « Ah, c'était pas ouf! Par exemple si vous avez vu un film et qu'il vous a pas trop plu, |
| 3:26.0 | vous pouvez dire à cet épisode, on dit aussi pas terrible, c'est un peu la même chose. Donc voilà, effectivement les jeunes maintenant ont l'air de rechercher des jobs pas ouf, des jobs ennuyeux, donc ça peut sembler un peu contraintuitif, mais on va essayer de vous expliquer pourquoi dans cet épisode pourquoi c'est nouveau job on la cote encore une expression avoir la cote ça veut dire tout simplement être populaire être tendance à la mode et encore un autre point de vocabulaire là j'y, mais on va beaucoup utiliser le mot job, je pense, |
| 4:05.7 | dans cet épisode. Et j'ai l'impression que c'est parce que on a du mal avec le plus réel du mot travail en français. Je sais pas ce que tu en penses, mais c'est vrai que normalement le plus réel de travail, c'est travaux, parce que c'est des plus réels irréguliers, mais le mot travaux. Au plurial, on l'utilise pas pour dire plusieurs emplois. |
| 4:26.0 | On l'utilise, par exemple, pour des travaux de rénovation, pour une maison, pour des travaux scientifiques, c'est-à-dire qu'on fait des recherches scientifiques, par exemple. Mais on ne peut pas dire par exemple, j'ai plusieurs travaux, si vous avez plusieurs emplois. Et normalement, on ne doit pas dire non plus plusieurs travaux avec un S. C'est considéré comme un correct. Donc normalement, la forme correcte de le dire, c'est avoir plusieurs emplois, mais je ne sais pas ce que tu penses, ça fait un peu bizarre, non, de dire ça. J'ai plusieurs emplois, c'est très formel. Je trouve que le mot emplois, ça fait un peu administratif, ça fait un peu. Contra de travail. C'est un mot qui est employé par les ressources humaines, donc ce qui sont les spécialistes du recrutement, des payes, etc. dans les entreprises. Et donc, c'est vrai que dans le langage courant, on parle plus de jobs. Je pense qu'on utilise les deux et puis en plus, ça a un côté un peu, je sais pas si c'est que moi mais plus carrière, plus sérieux alors que de jobs, ça en globe beaucoup de choses on peut faire des petits jobs, on peut avoir un nouveau job quand c'est quelque chose un peu plus changeant. Mais voilà, France est rentrée dans le langage courant en français en tout cas cette anglicisme. – Oui, ça va être qu'on parle aussi beaucoup des jobs étudiants, par exemple. |
| 5:47.2 | Donc voilà, quand c'est peut-être pas votre travail principal ou votre vocation principal, |
| 5:52.8 | on peut dire que c'est un job, un job d'été aussi, quand on est jeune, on fait un job |
| 5:57.0 | pendant les vacances d'été. |
| 5:58.1 | Donc voilà, c'est vrai que, et même en général, dans le domaine professionnel, on en a déjà parlé, mais il y a beaucoup d'anglicismes qui se sont imposés, on va un utiliser aussi dans cet épisode. Voilà, on va pas se forcer à traduire en français parce qu'on essaye de parler de ça de manière naturelle. Donc voilà, naturellement maintenant c'est vrai qu'on utilise beaucoup d'anglicism dans le monde professionnel. Ouais, du coup on peut commencer, justement on va commencer avec un anglicisme puisque première partie on va d'abord parler des tendances qui |
| 6:30.2 | existaient quand nous on était plus jeunes et que nous on est des millennials. Donc on commence avec ça. Alors comme tu l'as dit, Ingrid, nous on est des millénielles ou, dire la française des millénielles, donc on va parler un peu de la réalité professionnelle qu'on a connu quand on a commencé notre carrière, bon on a encore des carrières assez jeunes et c'est vrai que parmi les auditeurs du podcast il y y a beaucoup de personnes plus âgées que nous voire des retraités. Donc, ce qu'on va décrire, cette réalité professionnelle, c'est pas forcément celle que vous avez connu, mais c'est la réalité qui est devenue majoritaire, on peut dire ces dernières années. Alors, c'est vrai que jusqu'aux années 2010, il y avait en tout cas en France ce qu'on appelle la culture du présentéisme. Tu peux expliquer ce concept? Et bien le présentéisme, c'est le fait de mettre comme exigence professionnelle le fait d'être présent au travail, peu importe qu'on soit en train de travailler de façon effective et de façon efficace tant qu'on est là, on montre sa présence et c'est valorisé donc c'était une époque donc au moment où nous on était étudiants on va dire où il y avait ce truc de par exemple ne pas pouvoir partir du travail un tôt, parce que sinon les gens faisaient des blagues en disant « Hein, t'as pris ton après-midi? » Alors, compartez par exemple à 17h, parce qu'on devait récupérer son enfant à la crêche, à l'école, à aller faire une petite course, et qu'on avait fini son travail. Ça, c'était pas possible. Il y avait vraiment ce truc de même si j'ai tout fini, même si je m'ennuie, même si je n'ai rien à faire, il faut que je soit là. Et c'était assez toxique comme ambiance puisque ça faisait un effet un peu d'être fliqué par l'entreprise. Oui. Fliqué tu peux expliquer peut-être. Oui, fliqué donc ça vient d'un mot d'argot pour par l'entreprise. Oui. Fliqué tu peux expliquer peut-être. |
| 8:45.7 | Oui, fliqué, donc ça vient d'un mot d'argot pour parler de la police dans le langage familier. On les appelle parfois les flics et de ça il y a le verbe fliqué, donc le verbe policé contrôlé, surveillé quelqu'un. Donc on peut avoir l'impression d'être fliqué au travail, ça veut dire qu'on est constamment surveiller constamment contrôler et c'est vrai qu'avec ce présentisme il y avait la |
| 9:08.7 | fameuse technique d'être fliqué au travail, ça veut dire qu'on est constamment surveillé, constamment contrôlés. Et c'est vrai qu'avec ce présentisme, il y avait la fameuse technique d'envoyer un email très tard le soir, juste avant de quitter le bureau à 22h23h en ayant le plus de destinataire possible dans l'équipe pour montrer que, voilà, j'étais encore au travail à 23h, je suis vraiment un bon employé. Moi, j'ai nanné que d'autres, je me souviens. |
| 9:26.8 | En agence de publicité, c'était vraiment la culture du présentéisme à fond. Il fallait rester le plus longtemps possible à l'agence. Et bon, moi, j'étais stagiaire à l'époque. Donc, j'avais pas forcément autant de travail que mon responsable. Je me souviens. Mais une fois, lui, il était resté jusqu'à 23h pour finir une présentation et il m'avait demandé de rester juste pour l'imprimer alors que moi j'avais fini mon travail à 19 heures mais il m'avait dit non non tu reste tant que je n'ai pas fini tu restes là donc voilà c'était un bon exemple de ce présentéisme assez toxique qui m'a vite dégoûté du monde de l'entreprise. Tu m'étonnes. Et tant mieux comme ça t'as pu créer une infraine chancite. Exactement, on remercie ce manager toxique. Et du coup, donc en nous, on a commencé à entrer sur le marché du travail. Ça a été un tournant parce que on a commencé à parler notamment du burnout. |
| 10:25.0 | Donc en français aussi on dit burnout, après il y a un mot qui existe, qui est le syndrome d'épuisement professionnel, qui est reconnu comme une maladie professionnelle. Épuisement ça veut dire être épuisé, c'est être extrêmement, extrêmement fatigué, tellement fatigué qu'on ne peut plus vivre normalement que ça en devient une maladie. Et donc, dans les années 90, on a commencé à se rendre compte que parfois le travail, ça m'était dans un état dépuisement telle que on était complètement cramé, complètement brûlé, c'est pour ça qu'en anglais c'est burn out |
| 11:06.5 | et on a commencé à dénoncer cette culture du présentéisme. Oui, ça a été renforcé par le fameux livre de l'auteur David Graber à propos des bullshit jobs qui a montré qu'en fait cette fatigue, cette épuisement, n'était pas toujours forcémentée à la quantité de travail, aux oeuvres de travail, mais au manque de sens dans son travail qui nous fatiguait en fait psychologiquement, le fait d'avoir un travail dont on sait qu'il ne sert à rien, qu'il est complètement inutile, qu'il est juste là pour... là qu'on est juste là pour faire des reporting que personne ne va lire, par exemple. Et bah ça, ça contribue à notre fatigue et ces fameux bullshit jobs. On a beaucoup parlé aussi en France, il y a beaucoup de Français qui se sont reconnus là-dedans. Et voilà, ça a renforcé aussi cette idée du burnout. Et en plus, il y a un autre mot qui a été inventé un peu après le moment |
| 12:08.0 | on a beaucoup parlé du burn out, c'est le bord out. Je le dis avec l'action français mais c'est vraiment le mot anglais pour s'ennuyer parce que certaines personnes avaient trop de travail et restaient jusqu'à très tard et d'autres restaient aussi jusqu'à très tard comme toi avec ton chef, |
| 12:27.6 | ton manager, alors qu'il n'avait rien à faire, et donc, c'est un peu comme mourir dans nuit, quoi, devenir malade dans nuit. Donc, ça, c'est vraiment un tournant, quand on a commencé à reconnaître ces réalités, et qui a donc marqué un peu le début de notre vie professionnelle à nous. Oui, notamment plus que chez les millénieaux, il y avait un nouvel objectif de vie. On pourrait dire, c'est-à-dire, on ne passe seulement trouver un travail pour gagner beaucoup d'argent, mais aussi de trouver un travail qui est du sens. On ne voulait travailler juste pour avoir une supercarrière, mais vraiment avoir l'impression de contribuer positivement à la société au monde, dans différents domaines, beaucoup dans l'écologie. Par exemple, il y avait une vraie vocation à essayer d'avoir un impact positif à travers son travail. Et voilà, ça, ça correspondait pas forcément à la réalité des emplois qui étaient offerts sur le marché du travail. Donc ça a renforcé aussi ces burnouts. Et je me rappelle que moi à cette époque, j'ai commencé à travailler comme journaliste et j'étais notamment spécialisé sur le monde du travail pour les millénieels. Effectivement, il y avait énormément d'études qui disaient maintenant, les jeunes ne veulent plus la même chose que la génération précédente. Ils veulent un travail qui est du sens. Ils veulent une entreprise qu'ils respectent avec des valeurs avec lesquelles ils se sentent alignés. Ils veulent un équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle. Ça ça c'est des choses qui sont arrivées dans les années 2010 et notamment pour plusieurs raisons mais le fait qu'il y a eu plus de femmes qui travaillaient et donc forcément l'équilibre entre la vie pro et la vie perso devient plus difficile quand on n'a pas une personne dans le foyer qui s'occupe exclusivement de la maison des enfants, etc. Et puis aussi il y a eu le numérique qui a fait que on avait moins de frontières entre la maison et le travail. Et un autre facteur aussi, c'est qu'il y avait plus de monde qui travaillait dans des bureaux, soit les cadres, soit les employés. Et donc ça aussi, c'est des métiers qui se prêtes prête beaucoup au présentéisme et au flou entre les frontières. Donc on a vraiment eu une espèce de révolution à un moment ça a été trop et les gens ont commencé à parler de tous ces problèmes à cause de tous ces beurnautes, de la dénonciation des doubles journées etc etc. Oui, donc les entreprises ont essayé de s'adapter, de trouver des solutions pour continuer de séduire et de conserver leurs employés, notamment les miléneaux. Mais bon, c'était des solutions qui avaient l'air bien sur le papier, mais qui se sont avérées plutôt superficielles. Par exemple, il y avait, en tout cas, dans les entreprises françaises, l'idée d'installer un babby-foot pour que les employés puissent se détendre entre deux réunions pour qu'ils puissent faire une petite partie. Moi, je me souviens que dans une désagence depuis où j'ai travaillé, il y avait une table de ping-pong. Ils en été très fiers. C'est pas étonnant vu comme tu le dégoules. |
| 15:46.8 | Ah ouais, c'est vrai que en six mois de stage, j'ai pas fait une seule partie de ping-pong alors que j'adore ça. Donc je pense que c'était plus pour la décoration et pour le mettre sur leur site internet que vraiment pour le bien-être des employés. Qu'est-ce qu'il y avait d'autres? |
| 16:03.0 | Oui, les fameuses corbeilles de fruits, |
| 16:06.0 | la nourriture et les boisçons gratuite. |
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